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 De Sarahnia Devengeen à Michaïl Ordann

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Sarahnia Devengeen

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Féminin
Feuille de personnage
Âge: 28 ans
Couleur de dialogue: #400404
Inventaire:

MessageSujet: De Sarahnia Devengeen à Michaïl Ordann   Mer 28 Juil - 4:30


Cher Michaïl,

Tu le sais, tu me demandes beaucoup. D’ailleurs, si je n’étais pas absolument confiante en la sûreté de notre moyen de communication, jamais je n’aurais répondu à ta requête.
Pourquoi veux-tu ce récit complet de ma vie, cela ne me regarde pas. Nous avons toujours fonctionné comme ça, n’est-ce pas ? Mais je ne te cacherai pas que je suis curieuse. S’il te prenait l’envie dans une prochaine missive de me parler de la raison d’une aussi curieuse demande, sache que je serais enchantée de l’apprendre.

Mais entrons dans le vif du sujet. Mon nom, mon âge, notre famille, tout ça tu le connais déjà. Mais je préfère faire les choses dans l’ordre. Je le répète, si je le fais, c’est uniquement parce que j’ai une confiance absolue en toi et en Argentine, qui transmet nos messages. C’est probablement inutile, mais je préfère entériner ce point : ne transmets pas le contenu de cette lettre à ceux qui ne devraient pas en avoir connaissance. Je sais que je peux te faire confiance. Je commence donc…

Prénom : Je m’appelle Sarahnia, bien que la plupart des gens m’appellent Sarah.

Nom : Devengeen, cela se prononce bien sûr Dévénguèn. Mais comme tu le sais bien, je suis née sous le nom de Pernswikh. J’expliquerai un peu plus loin la raison de ce changement.

Couleur de dialogue : Sans doute l’une des questions les plus étranges que contenait ta lettre. Mais si je devais me choisir une couleur, je pense que #400404 m’irait parfaitement. Une couleur sobre, discrète. Et puis, j’ai toujours aimé le rouge.

Race : Humaine, bien entendu. Ai-je l’air d’un hybride ?

Age : J’ai fêté il y a quelques saisons mon vingt-huitième anniversaire, mais ceci reste entre nous, n’est-ce pas ? Je crois que même toi tu me croyais plus vieille.

Armes : Je n’ai pas changé de type d’arme depuis l’adolescence. Ma lame actuelle mesure cent-trois centimètres. Je sais ce que tu te dis, tu la trouves trop longue. Mais je me sens à l’aise avec, et je préfère donner l’impression d’avoir le bras long, si tu vois ce que je veux dire. Ma rapière, cela fait maintenant… quatre ou cinq ans que je la manie, je dirais. Je l’ai obtenue peu après la dernière fois que nous nous sommes vus, je vais donc t’en faire une courte description. C’est une arme à deux mains. La lame, comme je l’ai déjà dit, mesure cent-trois centimètres. Cent-deux et demi, en fait, elle a déjà bien vécu et j’ai tendance à trop affûter mes armes. La lame est en pur acier trempé, droite, sans gravure. Elle n’a pas de rayure. Double-tranchant. Deux centimètres de large, sans gouttière, logique pour une rapière. La garde est en corbeille, et porte quelques éraflures qui datent de plusieurs années. J’ai appris à être plus prudente depuis. En ce qui concerne la poignée, c’est ma petite fantaisie. J’avais gagné une certaine somme d’argent à l’époque où je me la suis fait forger (c’est d’ailleurs ce qui m’a permis le luxe de me faire faire une arme sur mesures) et me suis fait ce plaisir. Le cuir de la poignée est rouge sombre et dessus court un fil d’or brodé formant le mot « Aube » ..Elle mesure vingt-six centimètres. Le pommeau, que tu devines assez épais au vu de la longueur de la lame, est en poire et est gravé du symbole de l’Aube. Quand au fourreau, j’aurais aimé le rendre aussi luxueux que la poignée. Mais je n’avais pas plus d’argent à sacrifier, et surtout, je craignais d’attirer les voleurs comme une vieille bourgeoise. Et puis, avoir une arme de parade c’est le meilleur moyen de ne pas être pris au sérieux, tu le sais bien. Le fourreau est donc en cuir brun, tout simple, avec un renforcement de métal à la pointe sur quatre centimètres seulement. Le baudrier est en cuir lui aussi, et n’a pas plus de prétention que le fourreau.

Bien sûr, ce n’est pas ma seule arme. Dans la manche droite, maintenue contre mon avant-bras par deux lanières de cuir fines et discrètes, je garde un petit couteau en acier de seize centimètres. J’ai presque le même dans la botte droite, de vingt-trois centimètres. Mais je ne m’en sers presque jamais.


Style de combat : Encore une sacré question Michaïl. La description de mon épée devrait pourtant être une réponse amplement suffisante. Mais soit, je vais essayer de répondre aussi précisément que possible, en m’en remettant à nouveau à la confiance qui nous lie.

Je suis épéiste et magicienne. Mais je suis avant tout tacticienne. Finalement, je me bats beaucoup moins que les autres, je perds beaucoup trop de temps à m’emmêler dans des papiers. Lorsque je dois enfin me battre, j’utilise presque exclusivement l’estoc. J’utilise la pointe de mon arme plutôt que le tranchant, donc, mais je n’ai pas besoin de t’expliquer l’escrime. Je préfère les combats rapides plutôt que de risquer l’épuisement. Si l’ennemi pense que ma longue lame me rend vulnérable s’il s’approche trop près de moi, il risque d’avoir une mauvaise surprise. Comme tu le sais, ma magie est offensive. Je manipule le feu. Je peux aussi bien couvrir de flammes la lame de mon épée que les projeter sur l’ennemi. Bien sûr, cela ne peut pas fonctionner sur la distance. Un mètre, c’est déjà beaucoup pour moi. C’est pourquoi j’attends généralement que l’adversaire soit très proche de moi pour utiliser la magie.
Il y a une technique que j’emploie très peu, car je la trouve très… sale. Lorsqu’on est dans un combat où on doit défendre sa vie, cela ne compte pas. Mais si j’estime que le bretteur en face de moi peut être vaincu sans que j’y ait recours, je laisse cette technique de côté. Elle est très simple sur le principe. Je maitrise le feu, j’utilise une épée d’estoc et les distances sont mon point faible, sauf si j’ai un conducteur pour traverser cette distance. Or, une lame est un très bon conducteur. Tu vois où je veux en venir. Lorsque j’ai besoin d’affaiblir durablement un ennemi coriace, je n’ai qu’à le toucher une fois, suffisamment pour percer sa peau. Et là, je n’ai plus qu’à déclencher le feu à l’intérieur de lui. Je ne sais pas quel effet cela fait, mais je suis sûre que cela doit provoquer l’une des plus grandes douleurs possibles au court d’un combat, les sorts de douleur mis à part. Sans compter les dégâts physiques qui ne sont pas une partie de plaisir à soigner. Tu comprendras peut-être pourquoi je répugne à utiliser cette méthode. Enflammer les vêtements ou la peau suffit souvent à faire rendre les armes.
Que dire d’autre sur ma manière de combattre ? J’accepte bien sûr l’abandon, mais je n’hésiterai jamais à frapper un homme à terre s’il peut encore représenter une menace. Nous vivons dans un monde un tant soit peu risqué, et je connais certaines personnes prêtes à tout pour avoir ma peau. Ou pire, la peau de mes protégés. S’il devait leur arriver quelque chose par ma négligence, je me haïrais cent fois plus que si je devais brûler de l’intérieur un honnête paysan. C’est souvent la pensée qui me vient lorsque je tue un adversaire, ou quelqu’un se trouvant au mauvais endroit sur un contrat.


Taille : Je pense que je mesure pas loin d’un mètre quatre-vingt, mais plusieurs des mercenaires me donnent plus. Il faut dire qu’ils ne me voient pas souvent sans les talonnettes de mes bottes.

Poids : Je n’en sais rien, il ne m’arrive pas souvent de m’installer sur le plateau d’une balance ! Fil s’est amusée à me porter, une fois. Je crois qu’elle m’a donné soixante-quinze kilos, à vue de nez. Va savoir où se situe la vérité.

Caractère : Permets-moi de rire un instant. Mon caractère ? Qui est capable de définir avec précision son caractère ? Et tu m’imposes un minimum ! Décidément, ta requête est bien étrange, j’en viens à penser très sérieusement que tu agis pour le compte de quelqu’un d’autre. Mais je m’arrête là, j’ai confiance en toi, et je sais que quel que soit ton commanditaire il doit être aussi sûr que tu l’es toi-même. Je ne crois pas que ton instinct se soit abîmé avec le temps.

Mon caractère, donc… Par où commencer ? Comment me définir ? Je dirais que je suis quelqu’un de… têtu. Oui, je suis têtue. Je crois que je n’aurais pas pu accomplir la moitié ce que j’ai fait dans ma vie si je ne l’avais pas été. Je suis aussi manipulatrice, c’est un fait, et je n’ai pas hésité à manipuler lorsqu’il le fallait. Mais, dans la mesure du possible, j’ai tenté de rester honnête avec mes proches, je peux le jurer devant tous les dieux.
Je ne pense pas avoir fait beaucoup de bêtises au cours de ma vie. De bêtises sérieuses j’entends. Dans l’ensemble, je suis plutôt fière de ce que je suis devenue, même si j’ai encore beaucoup de faiblesses et de défauts qui mériteraient d’être corrigés. Je ne parlerai pas de mon physique, ça ne servirait à rien à part t’énerver. Mais je ne me trouve toujours pas « belle » comme tu dis. Je ne suis pas un laideron, je te le concède, et je ne me plains pas de mon physique. Mais tout de même, je ne suis pas une femme qu’on pourrait qualifier de belle. Pas moche, tout au plus. Mais je ferais mieux de m’arrêter tout de suite, je sais.
J’ai déjà dit que j’étais têtue. Déterminée serait peut-être un meilleur mot ? Je sais que tu as horreur que je me dévalorise, comme si j’avais tord. Mais je profite de cette lettre pour te dire une bonne chose : me remettre sans cesse en question et revoir à la baisse mon estime de moi-même, c’est précisément ce qui m’a permis de m’améliorer pendant toutes ces années. Est-ce que tu crois que le maître d’armes du roi s’entraine toujours ? Je suis sûre que non, en dehors de ces leçons. J’ai toujours voulu être meilleure, à défaut d’être la meilleure, parce que je voulais être sûre de survivre et d’arriver à faire valoir mes opinions. Tu sais à quel point la vie est dure pour une femme sans homme. J’ai appris à me battre avec bien plus d’acharnement que toi, car cela m’était indispensable, alors que cela t’était seulement… comment dire… nécessaire. Je voulais survivre, et être indépendante. Je ne voulais pas prendre de risque, tu comprends ? Aujourd’hui, je ne rencontre que rarement meilleur bretteur que moi. Si je privilégie le combat rapide, c’est parce que je sais que les hommes ont une meilleure endurance et une plus grande force que moi. Encore que, il arrive que ce ne soit pas le cas…

En ce qui concerne ma vie avec les mercenaires, j’essaie d’être à la fois prudente et confiante. Sans un minimum de confiance, le groupe ne tient plus. Nous sommes tous amenés tôt ou tard à nous battre aux côtés de nos partenaires. On n’a pas le temps de faire attention à ce que son allié ne nous poignarde pas dans le dos. Je sais que je fréquente des gens très louches. Il y a parmi les mercenaires des gens dont je suis absolument sûre qu’ils m’ont mentie lorsqu’ils m’ont raconté leur vie et leurs motivations. Mais tant pis, je suis obligée de travailler avec eux. J’espère que je n’aurai jamais à le regretter.
Avec les clients, je suis beaucoup plus attentive. Je ne veux pas envoyer mes protégés dans la gueule d’un revanchard, tu comprends ? J’examine chaque demande avec un soin extrême, pour être sûre qu’elle ne cache pas un piège. Ensuite, j’examine une deuxième fois chaque détail de la mission, pour décider de qui est le plus à même de la remplir. Le plus compliqué, ce sont les clients qui ne veulent engager qu’une ou deux personnes pour une mission qui en nécessiterait dix, dans un pur souci d’économie. Tu comprends maintenant pourquoi j’ai choisi de faire jouer au minimum le nombre d’hommes employés dans le calcul de la facture ? Bien sûr, cela a ses revers, les missions nécessitant un grand nombre de personnes me sont toujours trop coûteuses. Mais je préfère cela que d’envoyer un mercenaire à la mort ou échouer dans une mission. Tant que les comptes tiennent le coup.

Je ne pense pas qu’un rapport détaillé des relations que j’ai avec chaque mercenaire et chaque client t’intéresse. De toute façon, il s’agit de leurs vies, pas de la mienne, et je n’ai aucun droit de te les offrir dans cette lettre.


Excuse-moi de la rupture, je viens d’avoir une petite discussion urgente avec Fil. Je t’ai déjà parlé d’elle, c’est en quelque sorte mon bras droit. Elle aussi est une très bonne tacticienne, nous avons le même niveau. Mais je m’égare. J’ai profité de notre conversation pour lui demander directement ce qu’elle pensait de mon caractère, puisque j’avais encore cette lettre en tête. Elle m’a regardé de longues secondes avant de lâcher un petit rire. Elle ne s’attendait certainement pas à une telle question de ma part. Je parle tellement peu de moi-même, encore moins pour demander un jugement. Je me juge très bien toute seule, je n’aime pas tellement recevoir l’avis des autres sur ce que je suis. Seulement sur ce que je fais, c’est légitime. D’après Fil, je suis « réfléchie, déterminée, à l’écoute, observatrice, juste avec mes alliés, juste aussi avec mes ennemis, mais pas tout à fait dans le même sens du terme ». Je la trouve bien flatteuse ! Je cache mieux mes défauts que je ne le pensais, on dirait. Déjà, je ne suis pas « juste » avec mes ennemis. Mes ennemis, je les abats, je ne me demande pas s’ils le méritent. S’ils s’opposent à moi, ils méritent que je m’oppose à eux de la manière la plus brutale qui soit, c’est tout. Bien sûr, ce n’est pas pour autant que je vais m’amuser à pratiquer la torture, mais le seul ennemi qui ne soit pas dangereux est un ennemi mort. Et encore.

Quelqu’un a dit de moi que j’étais stricte, une fois. Mais selon lui, j’avais raison de l’être. Une autre personne a dit que l’expression qui me convenait le mieux était « une main de fer dans un gant de velours ». Je pense que je n’ai ni l’un ni l’autre. Je ne suis pas aussi forte, ni aussi solide que du fer. Et je perds souvent mon sang froid. Je n’aime pas perdre le contrôle de moi-même.

Tu sais Michaïl, je crois qu’il n’y a qu’à toi que je puisse me confier comme ça… Mais l’histoire avec papa m’a détruite. Vraiment. Je pense que si je ne m’étais pas jetée désespérément dans la création des mercenaires de l’aube, je serais devenue folle, ou mauvaise. Je m’en veux tellement pour des choses tellement… bêtes… Tu sais, je m’en suis toujours voulue de lui avoir trouvé des excuses et de l’avoir défendu, au début. Non, même pas au début, pendant tellement longtemps ! Je sais ce que tu vas me dire, on était jeunes, on ne pouvait pas vraiment juger notre père, mais je ne peux pas m’empêcher de me trouver stupide. La Sarah de cette époque était une vraie cruche. Et je le suis encore aujourd’hui, tu sais. Combien de fois je me suis laissée mener en bateau par un client ou un type qui était entré chez nous pour mieux nous pourrir de l’intérieur ! J’espère ne plus jamais avoir affaire à des escrocs. Mais je sais que c’est impossible, et que j’ai encore beaucoup de travail à faire sur moi pour ne pas réduire certaines personnes en charpie. Parfois je me dis sérieusement qu’ils le méritent. Tu te rends compte… ? Vraiment, j’ai encore beaucoup de travail à faire sur moi avant de devenir vraiment digne de confiance.

Oh, et je te vois venir avec tes gros sabots. Je n’ai pas envie de devenir digne de confiance pour un homme ! Je n’ai pas travaillé si dur pour me retrouver à la botte d’un homme ! Je ne sais pas si un homme capable de respecter véritablement une femme, sa volonté et sa liberté existe sur ce continent. S’il n’existe pas, je resterai vieille fille jusqu’à la fin de mes jours, et ça ne me pose aucun problème. Fourre-toi bien ça dans le crâne petit frère !


Physique : Comme si tu ne me connaissais pas. Si après tu veux me faire croire que tu n’agis pas à la demande de quelqu’un… Je suis une femme plutôt grande, de corpulence moyenne. Je te passe mon tour de poitrine. Il est trop grand, c’est tout. J’ai la peau bronzée. Ce n’est pas parce qu’on est née petite bourgeoise qu’on ne peut pas devenir aussi tannée qu’une paysanne. Globalement, je ne suis pas très différente du voyageur moyen, mis à part mon sexe. J’ai un certain nombre de vêtements différents, que je lave souvent. Etre propre est primordial lorsqu’on accueille un potentiel client. Grâce à Argentine, je peux me permettre de posséder beaucoup de choses sans que cela devienne un problème. Pour les vêtements, je préfère le noir, le brun et le rouge sombre. Je porte toujours des manches longues, afin de pouvoir garder le couteau sur mon avant-bras. J’aime assez les décolletés, même s’ils ne permettent pas de cacher ma poitrine. Je supporte mal de me sentir oppressée au niveau du cou. Je ne porte pas de gants, j’aime aussi me sentir les mains libres. Pour le bas un pantalon reste l’idéal, même s’il m’arrive parfois d’y ajouter une courte jupe, tant qu’elle n’entrave pas mes mouvements. Je porte toujours les mêmes bottes, en cuir brun, qui montent juste en-dessous du genou. Elles comportent une protection faite de cuir très épais sur le devant, des protège-tibia en somme.

Je m’aperçois que j’ai parlé de mes vêtements avant de parler de moi-même. Cela me parait tellement peu naturel de me décrire, à toi ! Comme tu le sais parfaitement, je me répète, j’ai de longs cheveux bruns. Non, je ne les ai toujours pas coupés, ils m’arrivent à la taille maintenant et je pense qu’ils n’iront pas plus bas. Ils sont ondulés, épais et gonflants. Lorsque je m’attends à un combat (ce qui est souvent le cas, je préfère être trop prudente que pas assez) je les attache avec une petite lanière de cuir noire, afin qu’ils ne me gênent pas en plein combat. Sinon, je préfère les laisser détacher. Mes yeux sont du même brun que mes cheveux. On me dit souvent qu’ils sont profonds, parfois qu’ils sont intimidants, mais je pense que ce dernier point est hautement subjectif ! Mes lèvres sont fines, mon nez l’est tout autant. J’ai le visage ovale, avec le menton pointu et les pommettes saillantes. Mes bras sont assez musclés pour une fille, mais je voudrais qu’ils le soient plus… Mes doigts, longs et fins. Je coupe mes ongles régulièrement et avec soin, ces choses-là peuvent vite devenir problématiques. Lorsque je dois rencontrer un client, écrire ou manipuler quelque chose de précieux je me lave soigneusement les mains, mais en dehors de ces occasions elles sont toujours sales. Je ne passe pas mes journées à me tourner les pouces, que veux-tu, et ma peau est incroyablement salissante. Ceux qui pensent que la saleté se voit moins sur une peau sombre sont des ânes. Mes cuisses et mes mollets sont aussi musclés que j’aie pu les rendre, c’est-à-dire pas tellement, malheureusement. Mais je ne suis pas maigrichonne pour autant. Je ne pense pas avoir quelque chose de particulier à mentionner. Je ne pense pas que mon importante pilosité vaille vraiment la peine d’être mentionnée… J’ai quelques cicatrices bien sûr (qui n’en a pas à part les hauts-nobles et le Roi ?). Les plus belles sont celle que j’ai derrière la cuisse gauche, les deux traits qui forment une longue croix tout le long de mon avant-bras droit (c’était du temps où je me battais comme une folle désordonnée, crois-moi j’ai bien changé !) et bien sûr la large boursouflure pâle sur le côté gauche de ma cage thoracique. Le jour où une côte a pris un coup à la place de mon cœur. Je ne pense pas avoir à ajouter quoi que ce soit, mais si tu désirais de plus amples détails sur la forme de mes orteils ou la largeur de mes narines, je t’invite à me le faire savoir dans une prochaine missive.


Histoire : Mon histoire, hein… C’est la partie qui t’intéresse le plus, j’en suis sûre. Je vais donc essayer d’être la plus fidèle possible à la réalité. Et puis, si je me trompe, tu pourras toujours en reconstituer toi-même une grande partie.

Notre mère s’appelait Helena, notre père Harald. Ils étaient mariés sous le nom de Pernwikh depuis l’âge de seize ans, selon la logique de la bourgeoisie d’Azalys. A vrai dire, nos parents n’étaient pas de gros bourgeois n’est-ce pas ? Les parents de notre mère avaient amassé une certaine fortune en développant leurs fermes de façon exponentielle, jusqu’à compter parmi les personnes les plus riches d’Azalys, ce qui n’est pas peu dire en dehors des grandes villes de Cosmos Stultus. Ils s’étaient alors mis en tête que maman, leur fille unique, devait se marier avec un riche bourgeois et mener une vie de haute bourgeoisie. Ils vivaient tous trois dans une belle maison, dans la rue principale de la ville. Et puis un beau jour est arrivé papa. Négociant en vins, il faisait le tour du Möhzel afin de trouver de nouveaux fournisseurs en vins de haute qualité. Nos grands-parents produisant essentiellement du grain et de la viande ils ne pouvaient guère lui être utiles, mais notre grand-père et lui s’étaient rencontrés sur le marché aux grains et la sympathie qu’il lui avait d’emblée inspirée le poussa à l’inviter à dîner. La suite est toute naturelle : il devint un ami de la famille, et qui plus est le gendre idéal. Il vivait dans une maison trois fois plus grande que la leur à Aequor, possédait des terres, des boutiques, des affaires, de l’argent et surtout un titre de noblesse. Harald Pernwikh possédait un petit comté qui était à l’origine des meilleurs vins qu’il vendait. En quelques mois, l’affaire fut entendue, et Harald épousa Helena.

Je ne fais que te répéter l’histoire qu’elle nous a raconté et dont tu te souviens probablement. Au moment où son père lui a imposé le mariage, elle aimait bien papa à ce qu’elle m’a dit, et ne s’est pas opposée au choix de son père. Le seul problème est que, une fois arrivés à Aequor, il n’y avait pas de belle et grande maison, de comté ni de possessions. Harald vivait dans une petite maison miteuse en périphérie de la ville. Il expliqua à maman qu’il avait été victime il y a peu d’une escroquerie et qu’il avait tout perdu, mais qu’il n’avait pas eu le cœur de l’avouer à ses parents. Maman l’avait cru, et je me dis souvent que moi aussi je l’aurais cru, en pareilles circonstances.

Il n’était pas souvent à la maison, à ce que racontait maman. Il travaillait dur pour pouvoir gagner un meilleur train de vie. Maman envoyait des lettres à sa famille en disant que tout allait bien, elle leur cachait la situation réelle, qui était assez misérable. Dans ce contexte je suis née, et tu as suivi cinq ans plus tard. Je me suis toujours interrogée sur cet écart, et sur le fait que nous ne soyons que deux enfants. Aujourd’hui j’en suis presque sûre, lorsque papa n’était pas à la maison il ne faisait pas que travailler pour le salut du foyer.

Tu avais quatre ans la première fois que papa a vraiment ramené de l’argent en conséquence à la maison. Tu n’as pas pu te rendre compte à quel point c’était un changement. Pendant dix ans il n’avait réussi à gagner que le minimum nécessaire à notre survie, en faisant plus ou moins bien marcher ses affaires coûteuses. Et tout à coup, il nous amenait tout un tas de sacs d’or. Il avait dit quelque chose, comme quoi il avait finalement vendu une parcelle de son comté qui n’en était plus un, et qu’il avait réussi à faire tourner la vente en sa faveur. Je n’oublierai jamais la réaction de maman devant la fortune. Elle est restée muette de stupéfaction pendant dix bonnes minutes, et je ne pense pas que mes souvenirs d’enfant se soient trop altérés, j’ai toujours eu une excellente mémoire. Ensuite, elle a regardé papa droit dans les yeux et est partie s’enfermer dans la chambre. Papa l’a aussitôt suivie. On a entendu des cris, mais ils étaient incompréhensibles, et je n’écoutais pas encore aux portes à cet âge là.

Régulièrement, des petits tas d’or venaient s’ajouter au maigre pécule quotidien. Il me fallu quelques années pour comprendre ce que maman avait compris au premier regard : notre père volait. Et il volait beaucoup. Comme je m’en veux d’avoir été bête au point de lui chercher des excuses ! On était pauvres, mais pas misérables, on aurait très bien pu vivre sans cet argent !

Nos conditions de vie se sont bien sûr améliorées avec le temps. Lorsque j’avais seize ans, nous vivions tous les trois dans une maison confortable, avec un petit domaine et quelques terres viticoles qui ne valaient pas grand-chose. Et c’est en cette année de mes seize ans que sont tout a coup arrivés créanciers, plaidants, gardes et des dizaines et des dizaines de personnes qui venaient réclamer un argent qui leur appartenait. Notre père n’a plus jamais reparu, nous nous sommes retrouvés seuls, tous les trois, pratiquement à la rue et toujours accablés de dettes et de procès. Maman n’avait jamais travaillé, tu n’avais pas quinze ans, j’avais à peine l’âge du mariage et je n’avais aucune idée de ce qui allait nous arriver.

Heureusement, maman était lucide. Elle se résolu à retourner à Azalys et à tout raconter à ses parents. Ils furent désemparés par la nouvelle, mais accueillirent sans condition leur fille et leurs petits-enfants qu’ils n’avaient encore jamais vu. La première fois que je les ai vus, inexplicablement, j’ai ressenti de la méfiance envers eux. L’histoire récente avec papa m’avait peut-être rendue légèrement paranoïaque. Pourtant, ils étaient dignes de confiance. Ils réglèrent une bonne partie des dettes de papa, et commencèrent à négocier ce qui était négociable. Il évita notamment que nous finissions en prison à sa place, et je leur suis pour cela éternellement reconnaissante.

Ils gagnèrent aussi ma gratitude pour une autre raison. Tu devines de quoi je veux parler… maître Orann.
J’avais découvert ma propre magie relativement tôt. Vers dix ou onze ans je dirais. Au début je voyais cela comme un jeu amusant, mais involontairement je me suis entrainée assidûment à enflammer ce que je pouvais. Je m’entrainais notamment sur la durée : je ne savais pas encore créer le feu, et je ne pouvais pas me permettre d’épuiser nos ressources en allumettes. Lorsque nous sommes arrivés à Azalys, je crois que je pouvais maintenir une flamme au creux de ma main pendant au moins quatre minutes. Ah, et j’avais aussi compris comment me protéger de mes propres flammes, même si je n’y arrivais pas très bien. L’arrivée de maitre Orann dans ma vie a considérablement accéléré les choses.
En effet, il m’arrivait souvent, presque sans y penser, d’utiliser ma magie n’importe où, dès que je m’ennuyais. Maman et toi n’en faisaient pas grand cas. Mais nos grands-parents ont repéré tout de suite la valeur de mon don, et on aussitôt appelé maître Orann. Yin Orann. Un homme assez vieux mais vif et énergique, plus solide et rapide que beaucoup de jeunes coqs. Je l’ai appris au moment de nous séparer, il n’avait été engagé que pour m’apprendre à maitriser ma magie. C’est de son propre chef qu’il m’a appris l’escrime, et qu’il a demandé à en faire autant pour toi. Considérant la précarité de notre situation, malgré tout, grand-père décida que c’était une bonne chose.

Moins d’un an après notre arrivée, grand-mère est décédée. Moins d’un mois plus tard, grand-père la suivit dans la tombe. Paix à leur âme. Le problème était que maman était seule, et qu’elle n’avait jamais appris à diriger un empire financier. Les affaires de la famille coulèrent, les créanciers de papa refirent surface tels des charognards et la fortune de grand-père fondit comme neige au soleil. Une fois de plus, nous nous retrouvions à la rue. Le sort voulu que la maladie frappe à notre porte, et maman décéda.

Je pense souvent à ce qui aurait pu nous arriver sans maître Orann. Voleurs, mendiants, pour moi prostituée… les choix ne manquent pas… Jamais je ne pourrai payer tout ce que je lui dois. Le maître était vieux, tu le sais. Il ne prenait plus d’élèves depuis longtemps, notre exception étant due à la grande amitié entre grand-père et lui, et il n’avait pas d’attaches à Azalys. Il n’avait presque plus personne qui le connaissait. C’est ainsi que tous les trois, nous sommes partis dans la plus grande discrétion.

Je ne sais pas s’il te l’a dit, à toi, mais la raison pour laquelle nous nous sommes rendus sur l’île flottante d’Akimelias est qu’il avait lui-même été formé sur cette île. Je ne sais si tu te souviens de ta propre réaction en découvrant l’île, mais pour ma part j’étais… « sktochée » oui, je crois que c’est le mot idéal. Stupéfaite est faible pour décrire l’émerveillement et l’étonnement croissant et permanent que je ressentais à l’égard du paysage. Sa situation, déjà : on ne voit pas souvent des rocher flotter dans les cieux. Et puis, la faune, la flore ! Les dauphins des cieux me font rêver encore aujourd’hui. Et puis, les dragons bien sûr.

Pendant quatre ans nous avons vécu là-haut. Nous avons changé de nom de famille, nous en attribuant un différent tous les deux afin qu’on ne puisse pas nous identifier comme frère et sœur. Personne n’est jamais venu nous reparler de notre père. Le maître ne nous faisait pas beaucoup rencontrer les habitants de l’île. Je soupçonne maintenant qu’il y avait de vieilles histoires entre eux, datant de l’époque où il était lui-même apprenti. Mais cela n’a pas de réelle importance. Nous vivions dans une maison petite mais spacieuse, bien agencée et confortable. Nous avions chacun une chambre à l’étage, tandis que le maître dormait dans sa propre chambre au niveau principal. Tous les jours, je m’entrainais avec le maître le matin, toi l’après-midi. Et pendant notre temps libre, si nous n’avions aucune corvée nous partions explorer l’île. Enfin, je le faisais, et tu m’accompagnais le plus souvent. J’avais tout juste dix-sept ans quand j’ai découvert Argentine. Cela faisait moins d’un an que nous vivions sur l’île. Au cours d’un après-midi passé à arpenter la forêt qui recouvrait la totalité de l’îlot, je me suis arrêtée près d’une source pour m’y tremper les pieds. Je suis restée assise sans bouger un long moment, perdue dans mes pensées, jusqu’à ce qu’on couinement attire mon attention. J’ai bougé la tête très calmement (je me demande bien pourquoi j’ai agit ainsi, mais je m’en félicite à présent) pour apercevoir à l’autre bout de la barre rocheuse sur laquelle je m’étais installée un petit animal blanc qui me regardait fixement. Il m’avait fallu plusieurs secondes pour l’identifier comme étant un dragon. Un tout petit dragon. Blanc comme du papier, reptilien, il avait un long cou très fin et une petite tête triangulaire. Il se mit à marcher dans ma direction en louvoyant. Ses pattes étaient courtes et agiles, ornées de longues griffes, et ses grandes ailes étaient soigneusement repliées le long de son corps frêle. Une longue queue garnie de petites épines pointues ondulait derrière lui.

Je ne saurais toujours pas dire pourquoi, mais j’ai tout de suite su qu’il n’était pas dangereux. Peut-être sa magie y était pour quelque chose. Bref, tu auras reconnu Argentine, dans toute la splendeur de ses deux ans. En d’autre mots, c’était un tout jeune adolescent. J’ai farfouillé un bref instant dans mon sac pour chercher un morceau de pain. Il s’est tendu, mais n’a pas reculé. Je pense que, de la même façon que moi, il avait senti que nous n’étions pas ennemis. Je lui ai tendu le pain. Il a frissonné, et hésité. Mais finalement il est parti. Bien sûr, j’en ai parlé au maître au soir. Je ne sais pas si tu t’en souviens, mais il m’a répondu que les dragons avaient deux types de réaction : soit ils attaquaient, soit ils ne faisaient rien. Et les dragons ne changent pas d’avis, c’est ce qu’il avait ajouté avant de me dire que je n’avais rien à craindre de lui et que je pouvais essayer de l’apprivoiser si j’en avais envie. Dès que l’idée m’était rentrée dans la tête, elle n’en était plus ressortie ! Il m’a fallu dix saisons pour pouvoir le toucher. Il faut aussi que je te rappelle qu’il apparaissait tout juste une fois dans la saison, au début. Ensuite, ce fut plus simple, car il venait régulièrement manger dans ma main. Nous étions en automne lorsque j’ai décidé de l’appeler Argentine (Oui, je sais, il faut être vraiment stupide pour ne pas voir tout de suite que c’est un mâle) et que j’ai pu commencer à me promener en sa compagnie. J’avais dix-huit ou dix-neuf ans lorsqu’on pouvait me voir régulièrement avec lui couché sur mes épaules. Il rentrait même dans la maison, une vraie petite bête domestique !

J’ai remarqué ses pouvoirs plutôt tardivement, je trouve. Maître Orann m’avait dit que les dragons étaient presque tous doués de magie, mais je n’avais jamais vraiment cherché à le vérifier chez Argentine. Il était très bien comme il était, sans don particulier. Et puis une fois où je m’étais un peu perdue sur l’île, avec lui, et où on tardait à rentrer pour le dîner, Argentine fit apparaitre juste devant sa gueule deux petits pains, dont un tomba à terre juste pour moi. Lorsque nous sommes rentrés c’est toi qui m’a informé de la disparition des pains dans la corbeille. Aujourd’hui je peux décrire son pouvoir de façon très précise. Argentine peut déplacer de façon instantanée en l‘attirant à lui, n’importe quel objet qu’il a touché au moins une fois. Il peut également envoyer un objet qui se trouve auprès de lui à côté d’un objet qu’il a déjà touché, peu importe où il se trouve. Cela ne marche pas pour les créatures vivantes, mais il peut déplacer un cadavre. Bizarrement, il a plus de mal avec ce qui n’a pas de forme précise, comme de l’eau, du sable ou de la farine, sauf s’il s’agit de transporter un sac fermé. Son pouvoir ne se soucie pas des distances, il lui faut juste un peu plus de temps pour remonter le fil de la magie jusqu’à retrouver l’objet. J’ai vérifié, il peut sans problème transporter un tronc d’arbre de Gliétcher à Pahinga ! Mais je suis sûre qu’il a quand même des limites. Il lui est arrivé de ne pas pouvoir utiliser sa magie lorsqu’il était trop fatigué, ou l’avait utilisé de nombreuses fois au cours de la journée.

J’avais vingt-et-un an le jour où Maître Orann nous a demandé de partir. Tu te souviens de ce jour aussi bien que moi, je le sais. Tu sais quelle raison il nous a donné. J’étais perplexe, mais je n’ai pas posé de question. Toi non plus. Nous avons fait nos affaires et nous avons refermé la porte derrière nous. Je suis sûre qu’il est bel et bien mort très peu de temps après notre départ. Je ne sais pas pourquoi, mais j’en suis sûre.

Tout en marchant, nous avons eu une longue discussion. J’avais vingt-et-un ans, tu en avais seize. Nous savions tous les deux que nous étions parfaitement capables de nous débrouiller seuls. Tu as décidé de rester sur l’île un moment, de te construire toi-même une cabane et de vivre de toi-même. Ma décision était à peu près similaire, à ceci près que je choisis une vie de nomade.

Je suis d’abord retournée à Azalys, sans trop savoir pourquoi. Argentine suscitait la curiosité ou la crainte, mais me garantissait une certaine forme de tranquillité dès qu’il commençait à montrer les crocs. Par contre, je ne compte pas le nombre de fois où j’ai crains que quelqu’un tente de le voler. Cela ne s’est jamais produit, ou alors il est bien assez grand pour se défendre tout seul sans avoir besoin de m’informer…

Pendant trois ans j’ai sillonné à peu près tous les endroits de Cosmos Stultus, mis à part l’archipel de Poka-poka (je n’ai jamais nagé ailleurs que dans les lacs d’Akimelias, et je dois dire que l’océan ne me rassure pas vraiment) et le lointain Az Harat. Je me suis arrêtée à Phantea. Je n’ai jamais été à Drunken Dead Town mais j’ai aperçu au loin la ligne sombre du Jöntunheim. Je n’ai pas non plus été grimper au sommet de l’Arctique, ni été me promener de l’autre côté du désert ou au fin fond du Bhürholz. Mais j’ai été à peu près dans tous les endroits suffisamment accessibles. J’ai vu beaucoup de choses, pour m’exprimer ainsi. Et particulier, beaucoup de gens qui auraient pu devenir tout autre chose s’ils avaient eu un maître comme nous. Je pense en particulier aux magiciens qui s’exhibent sur les places publiques. Tu sais, c’est pendant cette période que j’ai commencé à pratiquer le mercenariat. Malheureusement on engage plus difficilement une femme comme garde du corps. Mais partout où le demandeur testait les capacités des candidats, j’ai été prise. Protéger les personnes, les biens, les portes, c’était les demandes les plus courantes et les plus faciles. Mais il m’est arrivé de devoir tuer des gens que je ne connaissais pas. J’avais besoin de cet argent pour vivre.

Lorsque je suis arrivée à l’âge de vingt-quatre ans, je me suis arrêtée un instant sur ma vie. Et je me suis dis que globalement, j’avais vraiment eu beaucoup de chance. Et puis je me suis aperçue qu’avec le pouvoir à ma disposition, j’étais capable de beaucoup plus que vivre comme je le faisais. J’ai beaucoup réfléchi Michaïl. Deux choses en particulier m’ont donné matière à réfléchir : les mercenaires gagnent toujours plus d’argent et vivent beaucoup mieux quand ils travaillent en groupe. Mais les groupes ne tiennent jamais très longtemps, car ils finissent toujours par se séparer pour des missions différentes et n’arrivent pas à garder le contact. Le système postal ne fonctionnait pas encore très bien il y a quelques années, et surtout, on ne sait jamais par quelles mains est passée une lettre. Et là, l’élément-clef, c’est bien sûr Argentine.

Pendant mes quelques années de mercenariat solo, j’ai noué quelques contacts. Certains avaient touché le dragon, leurs vêtements l’avaient sûrement effleuré, mais ce n’était pas suffisant pour prendre contact avec la bonne personne à coup sûr.
Tout d’abord, je suis retournée à Sycher. C’est la ville idéale pour faire des rencontres, car elle est inévitable pour de nombreux voyageurs. Il ne me fallu que quelque jours pour tomber sur Fil. Elle utilisait déjà ce pseudonyme à l’époque où je l’ai connue. Fil était la seule femme que j’aie jamais rencontrée qui soit plus grande que moi. Tu ne l’as jamais rencontrée, et c’est dommage. Vous vous entendriez bien. Elle est très fine, comme une brindille. Elle a le visage anguleux, droit, le regard perçant et les lèvres très fines. Elle a les cheveux argentés, si longs qu’ils lui arrivent aux genoux. Elle porte des tas de tresses, bijoux et autres perles dans ses cheveux. Ses oreilles sont percées deux fois, une fois en bas, comme les bourgeoises, et une fois en haut. Une chainette relie les deux bijoux qu’elle y porte. Des bijoux, elle en porte beaucoup, et ses vêtements sont en soie pour la plupart. Elle porte des couches et des couches de vêtements, je me suis toujours demandée comment elle faisait pour ne pas mourir de chaud. Physiquement parlant, on pourrait la qualifier d’originale. Mais elle a toute sa tête, je peux te l’assurer ! Quand je lui ai parlé de mon projet de fonder un groupe, un grand groupe, avec une longue durée de vie, elle a réfléchit pendant deux bonnes minutes. Puis elle m’a demandé si j’avais un système de communication fiable. Il ne lui avait fallu que deux minutes pour venir aux mêmes conclusions que moi. Je lui ai parlé des pouvoirs d’Argentine en premier lieu. Aussitôt, elle eut l’air très intéressée. Nous en avons parlé pendant plusieurs jours. Finalement, elle m’a dit qu’elle avait du travail de prévu et qu’elle devait partir. Elle a pris entre ses doigts un bijou dans ses cheveux et a caressé Argentine.

« Je ne me sépare jamais de ces perles. Si ton projet abouti, contacte-moi. Je connais pas mal de personnes qui seraient intéressées. »

J’avais élu domicile dans une chambre de l’hôtel le plus peuplé de la ville. Autrement dit, celui où il était le plus difficile de pister quelqu’un. J’avais appris à être prudente avec le temps. La première chose à faire était de dresser une facture. Je t’épargne le détail des calculs, mais entre le local (j’avais dans l’idée de monter quelque chose de conséquent qui aurait besoin d’avoir pignon sur rue, au sens propre) les meubles, le papier, les plumes et l’encre pour les contrats, l’eau courante, une infirmerie digne de ce nom, quelques lits, des bougies et un million d’autres petites choses qui ne cessent de s’ajouter à la liste, même si je laissais aux membres le soin de s’occuper de leur propre entretien et de celui de leur matériel, la somme nécessaire à la mise en place du groupe défiait l’imagination. Cela se comptait en milliers d’alyans ! La réalité s’imposait à moi : j’avais besoin d’un travail à forte rémunération. Et ce type de travail ne correspond qu’à deux types de demandes : une capacité unique, ou un danger particulièrement élevé. Je me suis mise en quête du premier type de travail, en espérant ne pas avoir à me rabattre sur l’autre. Mais mes compétences particulières se limitaient à ma piètre magie du feu, et la possession d’Argentine. Je crois que je n’aurais jamais pu imaginer dans quel genre de mission je me suis retrouvée.

Le commanditaire était une sorte de vieux fou, complètement obsédé par la magie. Il ne la pratiquait pas lui-même, mais était absolument persuadé que s’il consommait exclusivement des aliments préparés par magie ou avait été en contact avec celle-ci, il finirait par devenir magicien lui aussi. Il était assez vieux, complètement décalé et très sympathique. Et surtout, il payait avec une générosité phénoménale.

Nous étions deux personnes engagées : moi, et un certain Gabriel Tasha, qui allait devenir plus tard l’un des éléments essentiel des Mercenaires de l’Aube.
Gabriel est un garçon vraiment adorable. Il a tout juste vingt ans. Il n’est pas très grand, est presque aussi bronzé que moi et arbore une coiffure disons… explosive. Il dit que « à force que mes chaudrons me pètent à la figure, ils sont restés comme ça ». Ses cheveux sont dressés en pics au-dessous de sa tête, et sont rouge tomate. Il a les yeux bleu clair, de ceux qui inspirent tout de suite la confiance. On peut compter sur lui lorsqu’on a besoin d’une oreille attentive, ou tout simplement d’un ami. Gabriel a une obsession fixe, qui est d’obtenir une grande quantité d’or. Mais lui était persuadé de pouvoir obtenir tout l’argent qu’il voulait par alchimie. L’alchimie, c’était ça sa spécialité. Il a essayé de m’expliquer le fonctionnement dans le détail, mais je dois t’avouer que je n’ai pas compris grand-chose. Mais dans les grandes lignes, cela repose sur le principe que n’importe quoi peut se transformer en n’importe quoi d’autre avec une petite dose d’énergie. En exemple, il m’a cité la neige qui se transforme en eau avec l’énergie du soleil, le métal qui devient lave avec l’énergie du feu ou encore les êtres vivants qui grandissent grâce à leur propre énergie. C’avait l’air bien plus compliqué que ça, mais dans les grandes lignes, c’était l’idée. L’alchimie, c’était se servir de la magie pour provoquer une transformation impossible en temps normal. Sous mes yeux il a transformé une épis de maïs en barre de chocolat, simplement en le plongeant dans un liquide quelques minutes et en faisant quelques étincelles. Je t’avoue que je n’ai pas osé y toucher, et il a mangé le produit de son alchimie en me riant au nez.

Notre employeur voulait donc manger exclusivement des produits transformés par Gabriel, cuits par mon feu magique ou transportés par Argentine. Et ceci pendant autant de temps qu’il serait nécessaire pour qu’il obtienne des pouvoirs magiques. Il nous versait le salaire chaque semaine, et il était exorbitant. De plus, nous pouvions interrompre le « travail » n’importe quand. Je suis restée deux ans à son service car il mettait de plus à notre disposition une chambre et beaucoup de temps libre. J’en ai profité pour recontacter Fil et lui annoncer avec une joie non dissimulée que mon projet prenait forme. J’en ai ensuite parlé avec Gabriel. Ses talents pouvaient s’avérer très utiles dans l’organisation que j’imaginais. Il savait aussi préparer des soins comme des poisons, et créer de la nourriture à partir de presque rien. Il était tout d’abord dubitatif, mais quand j’ai commencé à lui parler de Fil et des nombreux contacts que j’avais déjà, il a abordé le sujet du salaire. L’argent était un sujet sensible chez lui, aussi ai-je choisi de prendre un risque. 2000 alyans, net, fixe. Il m’a regardé droit dans les yeux pendant une bonne minute, puis m’a dit qu’il allait réfléchir. Dès le début, je savais que j’avais peu de chances de l’avoir avec moi. Ce que je lui proposais, ce n’était même pas la moitié de ce que le fou nous versait. Mais je ne pouvais pas faire mieux. Je ne m’attendais pas à ce que le lendemain, il vienne me questionner sur le temps de travail que je lui imposerais. Lorsque je l’ai questionné, il a respiré un bon coup, et m’a désigné une chaise. J’ai compris que j’allais beaucoup apprendre sur lui.

Je ne te parlerai pas du contenu de notre conversation dans cette lettre. Il s’agit de sa vie, pas de la mienne. Toujours est-il qu’il accepta de travailler pour moi à deux conditions : que je lui verse le même salaire qu’à tout le monde, même s’il était très inférieur. Et que je le laisse travailler autant qu’il le voulait sur ses recherches personnelles, en lui fournissant le matériel nécessaire ou de quoi l’acheter.
Dès que j’eus réuni la somme dont j’avais besoin, Gabriel et moi présentèrent conjointement notre démission au vieux fou. Il sourit, nous remercia, me remit une forte somme supplémentaire et nous demanda simplement de venir de temps en temps lui réchauffer sa soupe.
J’ai appris très récemment que cet homme était un escroc, et qu’il devait se débarrasser rapidement et officiellement d’une grande quantité d’argent s’il ne voulait pas qu’il lui arrive de gros soucis.

J’ai parlé à Gabriel des pouvoirs d’Argentine. Il eut l’air très impressionné, et me conseilla de garder cela dans le plus grand secret. Evidemment. Ce fut lui qui eut l’idée des bourses. Ah, je ne t’en ai jamais parlé. Vois-tu, chacun de mes mercenaires possède une bourse de cuir brodée de l’emblème de l’Aube. Chacune de ces bourses a été touchée par Argentine. La plupart des membres n’ont aucune idée de la façon dont je procède. Ils savent juste que s’ils ont un message à me transmettre ils doivent le mettre dans leur bourse, et qu’il sera rapidement remplacé par ma réponse. C’est là l’élément-clef de l’organisation.
Bien sûr, dès que nous avons quitté le vieux fou, j’ai envoyé un message à Fil. Elle me répondit dans la minute qui suivit qu’elle ne faisait rien et qu’elle était dans le coin. Deux jours plus tard elle nous avait rejoint dans une chambre d’hôtel quelconque. Nous étions toujours à Sycher, et j’étais certaine que je voulais m’établir ici.
Par contre, il y eut débat au sujet du local. Fil était contre, disait que c’était un gouffre financier inutile. Gabriel était pour. J’ai tranché en faveur de Fil. L’économie était énorme. Mais Gabriel répondit aussitôt qu’on ne pouvait pas embarquer avec nous la quantité de matériel que j’avais prévu. Une solution toute simple m’apparu alors. Argentine.

C’est à ce moment-là que je t’ai recontacté, via Argentine. Tu te trouvais toujours à Akimelias, et tu avais réussi à la construire, ta propre maison. J’ai abandonné Fil et Gabriel quelque temps car, inexplicablement, je voulais te voir seule. Je dois dire que j’ai été impressionnée par ta réussite. Contrairement à notre maître tu étais en bons termes avec les habitants, ta maison était plus belle et plus grande que l’était celle du maître. Tu m’as aussi confirmé qu’il était bel et bien mort, mais impossible de dire quand précisément. Tu n’avais osé aller frapper à sa porte que récemment.
Tu retraceras de toi-même notre conversation. Je te demande simplement de ne pas révéler l’emplacement de la cache que nous avons choisie ensemble à qui que ce soit. C’est un endroit que nous avons découvert pendant notre vie avec le maître, et je suis toujours persuadée que nul humain avant nous n’y avait mis les pieds. C’était l’endroit idéal pour la réserve dont j’avais besoin. Un endroit vaste, protégé et inaccessible. J’ai fait toucher à Argentine chaque centimètre de la caverne, et tu sais comme elle est vaste. Après cela, il été très facile de faire entrer et sortir des objets de cet endroit depuis n’importe où sur le monde, grâce à Argentine. Qu’aurais-je fais sans lui.

Nous avons continué à nous envoyer des lettres via Argentine depuis ce jour. Tu connais donc à peu près la suite de l’histoire. Je suis retournée rapidement à Sycher, et nous avons commencé à créer activement notre organisation. Je commençais à voir le projet comme le nôtre, à nous trois, mais ils sont venus d’eux-mêmes mettre les points sur les i : j’étais la chef des mercenaires, moi et personne d’autre. Fil voulait bien à la rigueur faire figure de chef tactique sur le terrain en mon absence. Quand à Gabriel, il ne voulait pas entendre parler de la moindre responsabilité qui pourrait l’empêcher de mener son travail. Premier membre du groupe «  c’est déjà tout un honneur  ». Ce sont ses propres mots.

Au fur et à mesure que le projet avançait, nos différents contacts intéressés nos rejoignaient sur le terrain que nous occupions en toute impunité en périphérie de la ville. Il devint rapidement facile de dessiner le profil type de ceux qui nous rejoignaient. Tous avaient un talent particulier, voire unique. Pas toujours lié à la magie, mais souvent. Ils n’avaient nulle part ou aller, et pas grand-chose à perdre. Par contre, via le mercenariat, ils avaient beaucoup à gagner, et ils ne s’en rendaient pas tous compte. J’ai eu affaire ainsi à Mengwo, l’adolescent complexé type, seize ans, et qui manie la dague comme personne. En outre, un préparateur de poisons effroyablement efficaces. Mais aussi à Lune de midi (pseudonyme, comme tu t’en doute) dont je ne sais toujours rien après les divers mensonges sur sa vie qu’ils m’a racontés. Mais je suis presque sûre que c’est un tueur, et un sadique. Mais il est aussi discret qu’efficace, et malgré tout digne de confiance.

Alors que tout ceci commençait à devenir concret sous la forme d’une demi-douzaine de tentes dressées au bord de la route, Fil me fit soudain une remarque qui vaut la peine d’être citée :

« Au fait, tu n’as toujours pas donné de nom au groupe. Il serait temps d’y songer. »
« Je ne vous l’ai jamais dit ? Ce sera les Mercenaires de l’Aube. »
« Pourquoi ? »
« Parce que. »

Je crois que je ne pourrai jamais confier cela à quiconque en dehors de toi, et je compte sur toi pour garder ça secret. Mais en réalité je n’y avais jamais songé, et j’ai dit ce nom au hasard en regardant le soleil se lever à travers l’ouverture de la tente.

Juste après cet épisode, j’ai fait forger mon épée actuelle. Je voulais une épée longue, capable d’imposer un certain respect. Une épée de chef en somme. D’où la poignée. Je l’ai fait faire avec le surplus qu’il nous restait, alors que nous n’avions presque plus rien à acheter pour les mercenaires. J’ai inventé le symbole par la même occasion, en me promettant de le faire broder sur les bourses qu’Argentine avait touchées. Tiens, je te le recopies ici. Tu reconnaitrais facilement le symbole je pense.


Depuis le début, nous avons une clientèle stable. Juste de quoi faire travailler un peu tout le monde. Au début, nous étions une dizaine de membres, au moment où j’écris cette lettre nous sommes vingt-sept, Argentine exclu. Nous traitons d’à peu près tout ce qui peut se faire dans le mercenariat. Notre client le plus lointain venait de Gliétcher ! Sans que je ne m’en rende compte, en quelque années, nous sommes devenu l’un des plus importants groupes de mercenaires de Sycher. Fil affirme sans faillir que nous sommes le plus grand groupe de tout Cosmos Stultus, mais je ne la crois pas une seconde.

Je ne pense pas avoir besoin d’ajouter plus de détails sur l’Aube. Nous logeons toujours sous tente, jamais très loin de Sycher. Je pense toujours à un local, mais c’est si cher. (ne ris pas, je te vois venir) Je suis particulièrement fière de notre infirmerie. Gabriel et Piesma font des merveilles. Ah oui, Piesma est une guérisseuse qui nous a rejoint il y un an et quatre saisons. Elle vient de Poka-poka et est une merveilleuse cuisinière.

Si tu as d’autres questions, je suis à ton entière disposition. (Non, aucun des mercenaires n’est un bon parti. A part Gabriel ils sont tous machos, et Gabriel est un ami. Un ami.)


Inventaire initial : Tu es sérieux avec cette question ? Tu veux que je te fasse l’inventaire de toutes les possessions des mercenaires ? Et bien si tu veux tout savoir, sur moi en ce moment même je porte les vêtements que je t’ai décrits, mon épée, mes deux couteaux et mes bottes. J’ai posé un peu plus loin une cape de toile que je remettrai en sortant, il pleut. Dans mon sac j’ai de la viande sèche, du pain grillé, une gourde d’eau, un assortiment de baumes préparés par Gabriel, ma petite pierre à affûter (que veux-tu, je ne peux pas me coucher sans avoir affûté mon épée) un savon, une couverture et quelques petites choses qui trainent. Voilà, ta curiosité est pleinement satisfaite ?

Thème musical : En voilà une drôle de question. Il y a bien longtemps que je n’ai pas écouté autre chose que les accords hasardeux de Shaeron (un des mercenaires, tu l’auras compris) sur sa guitare miniature. Du temps d’Azalys, j’aimais beaucoup le piano. J’ai toujours aimé le morceau Yell et je crois qu’il me correspond bien, même si cela me rendrait bien fragile… J’aime beaucoup aussi Day after tomorrow, Everything et 5x10, à toi de voir si tu me reconnais dans ces morceaux. Moi, ce n’est pas exactement ma tasse de thé.

Quelque chose à ajouter ? :Je pense prendre un peu de temps pour passer te voir un de ces jours. Au final, on ne s’est pas revus depuis la caverne. Tu me manques, parfois. J’aurais peut-être du mener une vie normale, après tout…

Je t’aime fort, petit frère. Prends bien soin de toi.

Sarahnia



Un dernier feuillet est joint à la lettre :


Au dos du feuillet, il est écrit :
C'est un dessin d'Argentine que m'a offert Fil l'année dernière. Il m'est très précieux, mais j'imagine qu'il pourra t'être utile. S'il-te-plait, dès que tu n'en auras plus l'utilité, rends-le moi. J'y tiens beaucoup.


_________________
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MessageSujet: Re: De Sarahnia Devengeen à Michaïl Ordann   Mer 28 Juil - 5:45

Je valide totalement. La présentation est originale et la fiche très bien écrite. <3
Par contre y'a pas le mot de passe. o/
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Albéric

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MessageSujet: Re: De Sarahnia Devengeen à Michaïl Ordann   Mer 28 Juil - 7:24

Citation :
Thème musical : En voilà une drôle de question. Il y a bien longtemps que je n’ai pas écouté autre chose que les accords hasardeux de Shaeron (un des mercenaires, tu l’auras compris) sur sa guitare miniature. Du temps d’Azalys, j’aimais beaucoup le piano. J’ai toujours aimé le morceau Yell et je crois qu’il me correspond bien, même si cela me rendrait bien fragile… J’aime beaucoup aussi Day after tomorrow, Everything et 5x10, à toi de voir si tu me reconnais dans ces morceaux. Moi, ce n’est pas exactement ma tasse de thé.
Pas encore lu l'histoire, mais ça, il ne faudra en choisir qu'un seul, hein =p

Citation :
Ensuite, elle a regardé papa droit dans les yeux et est partie s’enfermer dans la chambre. Papa l’a aussitôt suivie. On a entendu des cris, mais ils étaient incompréhensibles, et je n’écoutais pas encore aux portes à cet âge là.
... Ils faisaient quoi, dans la chambre, dis ? 8D

Citation :
J’ai vérifié, il peut sans problème transporter un tronc d’arbre de Gliétcher à Pahinga !
Eh ben mon vieux, ça déconne pas °_°

Bon bah je valide, mes félicitations (y)

_________________
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"Prosternez-vous et implorez. Peut-être votre mort sera-t-elle sans douleur."
"Le Grand Albéric Siegfried Arevus Mörker von Lijdensweg ne connait point de met plus délectable que la crainte et la souffrance dans vos yeux.
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